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<rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Carnet de recherche sur l’histoire et le sens des interfaces graphiques.
Par Louis-Jean Teitelbaum.</description><title>viz.</title><generator>Tumblr (3.0; @viz)</generator><link>http://viz.meidosem.com/</link><item><title>Lire, écrire, traduire.</title><description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prototype d’un espace de travail pour traducteurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;J’ai participé à une formation «&amp;#160;Conception et Design Technologiques&amp;#160;» avec &lt;a href="http://codesignlab.blog.telecom-paristech.fr/"&gt;Annie Gentès&lt;/a&gt; à Télécom ParisTech, au cours de laquelle les participants étaient invités à présenter un projet autour du thème «&amp;#160;langues et cultures&amp;#160;». Voici ce que j’ai proposé.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;J’avais plusieurs critères. Je préférais concevoir un logiciel plutôt qu’un service, afin de travailler l’interface plus en profondeur. Je voulais &lt;a href="http://gettingreal.37signals.com/ch02_Whats_Your_Problem.php"&gt;quelque chose qui me soit utile&lt;/a&gt;, au moins en partie – dans le temps imparti, n’ayant pas prévu de tests sur des tiers, je voulais pouvoir me fier à mes intuitions. Enfin, je voulais m’imposer des contraintes en rapport à mon travail sur la fenêtre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J’ai retenu l’idée d’une application iPad pour traducteurs de textes littéraires, ce qui rentrait parfaitement dans le premier et le troisième critère – concevoir un logiciel avec de fortes contraintes, qui en l’occurrence étaient &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/452120582/les-soixante-six-jours-avant-lipad"&gt;pas de fenêtres et une taille d’écran fixe&lt;/a&gt;. Pour ce qui est du second critère – &lt;a href="http://nick.typepad.com/blog/2007/03/indie_tip_1_bui.html"&gt;créer quelque chose pour moi-même&lt;/a&gt; – c’est moins évident. Je ne suis pas traducteur. Mes seules expériences de traduction littéraire proviennent des cours de version en classes préparatoires. En plus de cela, j’habite avec &lt;a href="http://drunkendragonfly.tumblr.com/"&gt;quelqu’un&lt;/a&gt; qui a récemment traduit de la philosophie (l’&lt;a href="http://www.spinozaeopera.net/article-maxime-rovere-spinoza-correspondance--43759097.html#ln_2"&gt;annexe IV&lt;/a&gt; de &lt;a href="http://www.spinozaeopera.net/article-maxime-rovere-spinoza-correspondance--43759097.html"&gt;ce livre&lt;/a&gt;), et j’ai pu observer de près ce travail. Mais plus profondément, ce projet est la continuation de mes &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/452120582/les-soixante-six-jours-avant-lipad"&gt;réflexions&lt;/a&gt; sur l’iPad.&lt;sup id="fnref:p637880597-ipad"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-ipad" rel="footnote"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’iPad est excellent pour lire. Il a l’air très bon aussi pour écrire – si l’on cherche un &lt;a href="http://www.nytimes.com/2008/01/06/magazine/06wwln-medium-t.html"&gt;environnement sans distractions&lt;/a&gt;, un &lt;a href="http://www.hogbaysoftware.com/products/writeroom"&gt;espace pour écrire&lt;/a&gt; plutôt que pour «&amp;#160;traiter du texte&amp;#160;» et le mettre en forme. Lire, et écrire – séparément, avec la barrière symbolique et temporelle du changement d’application qui vient prévenir la multi activité intempestive. La «&amp;#160;machine à concentration&amp;#160;» ne fait qu’une chose à la fois.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Seulement, l’essentiel de mon travail consiste à lire &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; à écrire. Ce ne sont pas deux activités alternatives, c’en est une seule. La compréhension et la mémoire ne viennent qu’avec un travail d’écriture, d’annotation, de gribouillage marginal. Ce travail est parfois dérisoire, comme les applaudissements du public, piètre réponse à la fin d’un concert&lt;sup id="fnref:p637880597-applause"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-applause" rel="footnote"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&amp;#160;; parfois non. Le crayon est l’instrument du lecteur&amp;#160;; à l’inverse, quand j’écris, j’ai souvent un article ou un brouillon d’ouvert sur un coin de la table ou de l’écran. L’iPad rend cela malaisé dans un contexte mono machine – le problème se pose autrement si l’on dispose en même temps d’un appareil tactile et d’un ordinateur, type d’utilisation qui pourrait devenir prépondérant, mais je souhaitais pour cet exercice explorer les contraintes inhérentes à l’appareil.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J’ai donc voulu créer une application iPad capable de tenir ensemble la lecture et l’écriture, non comme deux tâches, mais comme une seule activité complexe avec ses va-et-vient, en facilitant la concentration sans empêcher l’exploration cursive. La traduction littéraire m’est apparue comme un cas particulier de cette démarche, me permettant de proposer des outils plus spécialisés, d’envisager moins de cas de figure, tout en conservant cette idée de machine double.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;L’espace de travail du traducteur&lt;/h3&gt;

&lt;h4&gt;La table&lt;/h4&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/table-fatras.png" alt="Fatras d’une table de traducteur"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;La table du traducteur&amp;#160;: l’ouvrage original, différents dictionnaires bilingues et unilingues, quantité d’ouvrages de référence, de quoi écrire. (C’est une «&amp;#160;image concept&amp;#160;». Sur un document plus réaliste figureraient cendriers et tasses de café.)&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;L’activité de traduction littéraire, telle que je me la suis représentée pour ce travail,&lt;sup id="fnref:p637880597-notusable"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-notusable" rel="footnote"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; c’est cette bascule continuelle entre différents supports et différentes sources. La marque de ce travail, c’est une lecture bousculée, discontinue. L’œil parcourt le texte original, puis le brouillon, les dictionnaires, puis à nouveau le texte, les versions du texte dans d’autres langues, la bibliographie de référence, et ainsi de suite. Il faut tourner des pages, déplacer des tomes, s’organiser constamment un espace de travail adapté. Autant dire que l’aventure est souvent malaisée.&lt;/p&gt;

&lt;h4&gt;L’écran&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;La numérisation n’arrange rien. À nouveau, il faut mettre en place un espace de travail toujours mouvant, composé non plus de livres et de carnets mais de fenêtres et de programmes.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/ecran-fatras.png" alt="Fatras d’un écran de traducteur"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;L’écran du traducteur. Juste cinq fenêtres (un dictionnaire bilingue, un dictionnaire unilingue, le manuscrit, l’original et la version), bien que pas mal d’autres pourraient être invoquées (un navigateur web, d’autres versions, des discussions avec des collaborateurs&amp;#8230;). Sur cette capture, les fenêtres sont disposées suivant une quasi &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/250745524/superposition"&gt;juxtaposition&lt;/a&gt; qui n’aurait rien de pratique en usage réel&amp;#160;: seuls l’original et la version ont besoin d’être toujours visibles ou presque, mais les autres fenêtres doivent pouvoir être mobilisées sans gêner le travail.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;La fenêtre est un outil générique. Du point de vue du système d’exploitation, et du point de vue, donc, des interfaces qui permettent de les manipuler, toutes les fenêtres figurant sur l’écran ci-dessus ont la même «&amp;#160;valeur&amp;#160;». Elles s’empilent suivant un ordre d’accès chronologique, et la bascule au clavier (via les raccourcis &lt;em&gt;alt-tabulation&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;commande-tabulation&lt;/em&gt;) ne respecte pas les hiérarchies internes à l’activité, &lt;a href="http://www.azarask.in/blog/post/solving-the-alt-tab-problem/"&gt;se révèle souvent imprévisible&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://ignorethecode.net/blog/2010/05/05/solving_the_alt_tab_problem/"&gt;empêche la formation d’habitudes&lt;/a&gt;. Un véritable espace de travail fenêtré devrait permettre de qualifier les relations entre les fenêtres elles-mêmes, en permettant de passer d’un clic ou d’une touche d’un arrangement à un autre,&lt;sup id="fnref:p637880597-proapps"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-proapps" rel="footnote"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; de tenir compte du contexte – en ne masquant pas d’une fenêtre pop-up l’extrait sur lequel on travaille par exemple. Le fenêtrage superposé donne une liberté complète pour disposer – déplacer, dimensionner, camoufler – des fenêtres, mais rien pour régler leur comportement ni leurs relations.&lt;/p&gt;

&lt;h4&gt;La concurrence&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Les fenêtres classiques – de toute façon indisponibles sur l’iPad – ne sont pas la solution que je cherchais. Je me suis orienté vers les systèmes juxtaposés – un écran découpé en une mosaïque de fenêtres généralement organisées suivant une grille ou des colonnes. Les deux solutions «&amp;#160;concurrentes&amp;#160;» que j’ai testées adoptent cette présentation.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/gtt.png" alt="Google Translator Toolkit"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;&lt;a href="http://translate.google.com/toolkit/"&gt;Google Translator Toolkit&lt;/a&gt;. Ce «&amp;#160;kit de traduction&amp;#160;» se veut polyvalent&amp;#160;: il permet d’importer du texte, des pages webs, des sous-titres de vidéos (probablement utilisé pour le &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fansub"&gt;fansubbing&lt;/a&gt;), et&amp;#8230; &lt;a href="http://translate.google.com/support/toolkit/bin/topic.py?topic=25464&amp;amp;hl=en"&gt;des publicités Google&lt;/a&gt;.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Un système déjà existant, &lt;a href="http://translate.google.com/toolkit/"&gt;Google Translator Toolkit&lt;/a&gt;, propose un espace de travail séparé en trois sections&amp;#160;: deux colonnes pour l’original et sa version, et une rangée horizontale pour la partie assistant, qui contient les traductions automatiques et les mémoires de traduction. Ce découpage organise les tâches qu’effectue le traducteur suivant une tripartition simple&amp;#160;: lire, écrire, rechercher. L’activité de recherche ou d’exploration (en l’occurrence, aller chercher la définition ou la traduction d’un terme) est corrélée aux deux autres, permettant de ne pas interrompre la lecture ou l’écriture par un changement de mode. Ce découpage en trois parties présente pourtant un inconvénient&amp;#160;: il est très consommateur en espace vertical, dimension qui est souvent réduite sur l’iPad par l’apparition du clavier virtuel. De plus, les outils que propose Google manquent pour l’instant de richesse – on ne dispose que d’une traduction automatique, d’un glossaire personnalisé et des précédentes traductions d’une même séquence réalisées sur la plateforme. Tout cela fait que, la plupart du temps, cet espace est gâché, soit qu’il soit laissé vide, soit qu’il ne soit pas adaptable au contexte de travail.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/clavier-ipad-gtt.png" alt="Clavier de l’iPad en mode portrait"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Le clavier de l’iPad en mode portrait camoufle la partie «&amp;#160;kit de traduction&amp;#160;» de &lt;a href="http://translate.google.com/toolkit/"&gt;Google Translator Toolkit&lt;/a&gt;.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Le projet &lt;a href="http://traduxio.hypertopic.org/"&gt;Traduxio&lt;/a&gt;,&lt;sup id="fnref:p637880597-lacour"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-lacour" rel="footnote"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; encore en &lt;a href="http://sourceforge.net/projects/traduxio"&gt;développement&lt;/a&gt;, propose une approche différente. Plutôt que de se concentrer sur les paires de textes (original / version), l’espace de traduction permet la prise en compte de multiples versions pour un original. Cette décision s’appuie sur une pratique fréquente en traduction de textes littéraires ou philosophiques&amp;#160;: consulter les autres versions, notamment dans d’autres langues, pour s’inspirer des choix et des interprétations de ses prédécesseurs. En termes d’interface, la forme la plus évidente pour un tel travail, c’est le concordancier, qui présente les différents textes en autant de colonnes. Ces colonnes sont synoptiques, c’est-à-dire que les textes sont découpés en fragments alignés à la manière d’un tableau&amp;#160;: indépendamment de la taille des passages, l’original et ses traductions sont toujours côte à côte.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/traduxio.png" alt="Le site web Traduxio"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Une ancienne version du site web &lt;a href="http://traduxio.hypertopic.org/"&gt;Traduxio&lt;/a&gt;.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Cette fragmentation des textes – que l’utilisateur peut régler, de façon à regrouper ou séparer les phrases – ne sert pas qu’à assurer l’alignement des passages synoptiques. Elle permet aussi de casser le bloc du texte en parties plus préhensibles, permettant au traducteur de ne pas avoir à démêler un écheveau de lignes pour se concentrer sur quelques phrases seulement. Chaque bloc doit être taillé pour être saisi en un regard (ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment le cas dans la capture ci-dessus). Mais la fragmentation et sa représentation visuelle sous forme de tableau permettent aussi de se représenter facilement un travail fait dans le désordre (les passages non traduits apparaissent clairement).&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Le problème&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Cette exploration des tables et des écrans m’a conduit à quelques conclusions. La lecture et l’écriture sont jointes, et la concentration sur ces deux tâches principales doit être favorisée. Pour autant, au-delà d’un travail de défrichage rapide, le travail de lecture de l’original et d’écriture de la version est fréquemment interrompu par des tâches d’&lt;em&gt;exploration&lt;/em&gt;. La lecture et l’écriture, dans un contexte de traduction, sont des opérations discontinues. La lecture passe du texte aux références et aux autres versions. L’écriture est avant tout fragmentaire, suivant le jeu des trouvailles et de l’inspiration, évoluant par améliorations, allers et retours successifs au sein du texte à des fins de mise en cohérence. &lt;strong&gt;Cette exploration doit être fixée. Cette fragmentation doit être cartographiée.&lt;/strong&gt; Il faut une hiérarchie au sein des tâches, de façon à ce qu’il soit toujours immédiatement possible de retourner à l’espace neutre de la concentration.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour fixer la lecture exploratoire, une règle&amp;#160;: &lt;strong&gt;partir du texte&lt;/strong&gt;. Pour s’y retrouver dans les différentes strates de l’écriture, une parade&amp;#160;: un &lt;strong&gt;métatexte&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;La réalisation&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/traditore"&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/appicon.png" alt="Icône de l’application Traditore (prototype)" style="border:1px solid #333"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/traditore"&gt;Traditore – prototype&lt;/a&gt;&lt;/big&gt; &lt;small&gt; – seulement pour &lt;a href="http://www.apple.com/safari"&gt;Safari&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.google.com/chrome"&gt;Chrome&lt;/a&gt;, hélas. &lt;a href="http://www.mozilla.com"&gt;Firefox&lt;/a&gt; arrive.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Après toutes ces paroles et ces réflexions, il fallait quelque chose à toucher. J’ai conçu un &lt;a href="http://meidosem.com/traditore"&gt;prototype&lt;/a&gt; bardé d’HTML5 et de CSS3.&lt;sup id="fnref:p637880597-fuckie"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-fuckie" rel="footnote"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Il reprend l’interface d’une application iPad. C’est un prototype&amp;#160;; l’ironie de tout cela, c’est qu’il fonctionne mieux sur un navigateur de bureau que sur un véritable iPad&lt;sup id="fnref:p637880597-protipad"&gt;&lt;a href="#fn:p637880597-protipad" rel="footnote"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; – je l’ai conçu à des fins de démonstration à la souris.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/capturipad.png" alt="Capture d’écran de l’application web Traditore dans le simulateur iPad"/&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les choix retenus sont simples&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Deux colonnes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Des textes fragmentés en phrases ou en courts passages (l’interface pour gérer la découpe n’existe pas encore)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les outils de référence (dictionnaire, traduction automatique, synonymes, glossaires techniques, mémoires de traduction, recherche dans le corpus déjà traduit, recherche sur le web, etc.) sont accessibles depuis un menu pop-up, utilisant le mécanisme standard d’iPhone OS permettant le copier-coller.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les passages traduits sont susceptibles d’être commentés, et de recevoir une annotation visuelle indiquant la progression du travail.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/uim.png" alt="Menu textuel"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;&lt;strong&gt;Partir du texte&amp;#160;:&lt;/strong&gt; un menu contextuel déclenche les explorations.&lt;/dd&gt;

&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/2010-05-traditore/annote2.png" alt="Annotations"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;&lt;strong&gt;Disposer d’un métatexte&amp;#160;:&lt;/strong&gt; chaque fragment traduit peut être commenté. Un indicateur informe de son état d’avancement, ce qui peut s’avérer utile dans un travail collaboratif.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Voici un petit pas à pas pour explorer les possibilités du prototype à l’intérieur d’un navigateur.&lt;/p&gt;

&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/traditore"&gt;On y va&lt;/a&gt;. C’est Proust.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sélectionnez un morceau de texte dans la colonne de gauche&amp;#160;: le menu surgit.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Cliquez sur «&amp;#160;Traduire&amp;#160;». Le pop-up s’élargit et se remplit de la traduction Google.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sélectionnez un autre passage, et cette fois-ci, cliquez «&amp;#160;Mémoriser&amp;#160;». Tapez un petit texte et faites retour. Un lien vers l’annotation apparaît dans la colonne de droite. Cette fonction, pour l’instant, permet juste d’annoter un fragment. Elle pourrait aussi servir à nourrir le glossaire.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dans la colonne de droite, cliquez dans le fragment vide et traduisez le passage.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un double-clic sur un espace vierge à la fin d’un fragment permet de le modifier &lt;small&gt;(ça marche assez mal)&lt;/small&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un clic sur les symboles à droite permet de basculer l’état du fragment.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;C’est tout pour le moment.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;&lt;h4&gt;Ce qu’il manque et ce qui doit changer&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Ce prototype a atteint son objectif, puisqu’il a rendu sensibles beaucoup d’aspects et de détails auxquels je n’aurais pas toujours pensé sinon. Quelques remarques sur les défauts actuels.&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Le passage de la souris au doigt devrait changer pas mal d’interactions.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le système actuel d’annotations est très déplaisant (et point sans bugs).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il manque encore une fonction d’exploration sur le web avec un navigateur rudimentaire. Le navigateur pourrait occuper tout l’écran à l’exception des deux fragments (original et traduction) à partir duquel il a été invoqué, afin de conserver le contexte en vue.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Une façon non intrusive d’afficher des versions dans d’autres langues pourrait être fort utile. J’envisage trois solutions (il faudrait tester un prototype pour choisir sérieusement)&amp;#160;: ajouter (temporairement) une colonne&amp;#160;; n’afficher la version que fragment par fragment, sous le fragment original (afin de répondre à la question «&amp;#160;comment ceci a-t-il été traduit dans cette langue&amp;#160;»)&amp;#160;; utiliser le défilement horizontal (autrement dit, un &lt;em&gt;swipe&lt;/em&gt; latéral).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le menu pop-up doit présenter différentes fonctions suivant le contexte&amp;#160;: l’article «&amp;#160;Rechercher dans le corpus&amp;#160;» pourrait afficher le nombre d’occurrences trouvées, un dictionnaire des synonymes pourrait apparaître côté traduction, ainsi de suite.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Ensuite, il faudrait mettre en place une interface pour acquérir et gérer les textes à traduire, de même qu’un format de fichier pour conserver originaux, traductions et annotations, et des capacités d’exportation voire de collaboration via un serveur central.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Enfin, toutes sortes de richesses «&amp;#160;multi-touch&amp;#160;» pourrait être utilisées pour offrir des raccourcis à l’utilisateur habitué&amp;#160;: garder deux doigts appuyés sur un mot pourrait – par exemple – déclencher le dictionnaire. (Ce genre d’astuces n’est &lt;a href="http://ignorethecode.net/blog/2010/05/25/gestures/"&gt;acceptable&lt;/a&gt; que s’il existe une autre façon – à un doigt – de parvenir aux mêmes fins.)&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Peut-on créer sur l’iPad&amp;#160;?&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;J’ai suivi deux principes de design qui me paraissent essentiels sur ce genre d’appareil&amp;#160;: partir du «&amp;#160;contenu&amp;#160;», en camouflant le plus possible les éléments d’interface&amp;#160;; afficher des informations et des outils contextualisés. Le contenu devient l’interface&amp;#160;: les mots eux-mêmes appellent leurs dictionnaires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J’ai beaucoup lu l’idée selon laquelle l’iPad est &lt;a href="http://www.tbray.org/ongoing/When/201x/2010/01/27/iPad"&gt;une machine pour consommer&lt;/a&gt; et consulter, et non pour créer. L’argument m’a paru saugrenu, et j’ai mis cette remarque sur le compte du manque d’imagination de ses auteurs, ainsi que sur le peu d’applications déjà disponibles. Mais en travaillant sur Traditore, et en me remémorant mes propres expériences de traduction, qui se faisaient – concours des grandes écoles obligent – au papier et au crayon, je me suis posé la question autrement. Si l’iPad est si puissant pour la consultation, c&amp;#8217;est parce que l’information déjà visible se manipule très efficacement avec une interface tactile. Le tactile supprime les médiations que sont la souris, le clavier, et les éléments d&amp;#8217;interface visibles, actualisant les positions de gens comme Edward Tufte, dans le domaine du design graphique, ou Ben Shneiderman, en interactions homme-ordinateur (qui a théorisé la notion de «&amp;#160;manipulation directe&amp;#160;»). Mais si la consultation est immédiate, la «&amp;#160;création&amp;#160;» (en l&amp;#8217;occurrence, l&amp;#8217;entrée de texte) conserve des médiations informatiques, comme le clavier et la boîte d&amp;#8217;entrée de texte (on ne peut pas écrire n&amp;#8217;importe où, il faut passer par des éléments d&amp;#8217;interface). Les applications textuelles de l&amp;#8217;iPad entretiennent une asymétrie entre consultation et création&amp;#160;: la consultation repose sur la manipulation directe, la création sur des médiations (les applications de graphisme peuvent plus facilement dépasser ces médiations).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cet enjeu doit être la prochaine étape. Je n’ai pas conçu Traditore pour &lt;em&gt;régler le problème&lt;/em&gt; de la lecture, et l’écriture et de la traduction, ni pour conclure sur la vocation créative de l’iPad. Au contraire, j’ai entrepris ce travail pour rendre manifestes et sensibles les limitations de mes idées et de nos technologies. Et je sens bien qu’il reste quelque chose à inventer.&lt;/p&gt;

&lt;div class="footnotes"&gt;
&lt;hr&gt;&lt;ol&gt;&lt;li id="fn:p637880597-ipad"&gt;
&lt;p&gt;Que je n’ai pas encore touché. J’ai préféré attendre&amp;#160;; le mien arrivera quelques heures après la publication de cet article. &lt;a href="#fnref:p637880597-ipad" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-applause"&gt;
&lt;p&gt;Les applaudissements dans les concerts&amp;#160;? Des gens nous jouent de la musique, nous leur rendons du bruit. &lt;a href="#fnref:p637880597-applause" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-notusable"&gt;
&lt;p&gt;Je précise à nouveau. S’il s’était agi d’un travail professionnel, j’aurais pris soin de corroborer mes intuitions avec plus de discussions, et surtout avec des tests systématiques. &lt;a href="#fnref:p637880597-notusable" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-proapps"&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d’applications professionnelles permettent d’enregistrer des arrangements de palettes et de fenêtres, et d’associer ces arrangements à des raccourcis clavier. Bien configurée, cette fonctionnalité permet de passer d’organiser son écran comme différents tableaux de bord – en montage vidéo, on peut avoir une configuration plus adaptée au dérushage, une autre à la découpe minutieuse, une autre au travail du son, etc. Toutefois, cela ne marche qu’à l’intérieur d’une même application. &lt;a href="#fnref:p637880597-proapps" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-lacour"&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://philippelacour.net/"&gt;Philippe Lacour&lt;/a&gt;, qui en est un des fondateurs, participait à l’animation de la formation que je suivais. Le projet Traduxio s’appuie sur une solide et passionnante réflexion en philosophie du langage. M’étant concentré essentiellement sur les questions d’attention et d’activité, je n’ai pas tiré, pour ce projet, toutes les conclusions de cet enseignement (mais c’est ce que tout concurrent sérieux devrait faire). &lt;a href="#fnref:p637880597-lacour" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-fuckie"&gt;
&lt;p&gt;C’est ce qui le rend inaccessible depuis autre chose que &lt;a href="http://www.apple.com/safari"&gt;Safari&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.google.com/chrome"&gt;Chrome&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.mozilla.com"&gt;Firefox&lt;/a&gt;. &lt;a href="#fnref:p637880597-fuckie" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p637880597-protipad"&gt;
&lt;p&gt;Un des éléments majeurs de l’interface est le &lt;em&gt;&lt;a href="http://developer.apple.com/iphone/library/documentation/iPhone/Reference/UIMenuController_Class/UIMenuController.html"&gt;UIMenu&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, configurable à l’intérieur d’une véritable application iPad, mais pas d’une page web. Sur un iPad, donc, deux «&amp;#160;menus&amp;#160;» peuvent apparaître concurremment, celui du système, et celui du prototype. &lt;a href="#fnref:p637880597-protipad" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/637880597</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/637880597</guid><pubDate>Thu, 27 May 2010 17:38:00 +0200</pubDate><category>ipad</category><category>articles</category><category>design</category><category>fr</category></item><item><title>Les soixante-six jours avant l’iPad</title><description>&lt;p&gt;L&amp;#8217;iPad a été annoncé le 27 janvier, et sera disponible aux États-Unis le 3 avril.&lt;sup id="fnref:p452120582-fra"&gt;&lt;a href="#fn:p452120582-fra" rel="footnote"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Beaucoup de choses ont déjà été dites, bien que peu de gens aient eu l&amp;#8217;occasion d&amp;#8217;en tenir un entre les mains. C&amp;#8217;est un nouveau dispositif, qui vient en complément ou en remplacement de l&amp;#8217;ordinateur. C&amp;#8217;est une interface directement issue de celle de l&amp;#8217;iPhone, néanmoins porteuse d&amp;#8217;un style nouveau, &lt;a href="http://mattgemmell.com/2010/03/05/ipad-application-design"&gt;exigeant de nouvelles règles&lt;/a&gt;.&lt;sup id="fnref:p452120582-forces"&gt;&lt;a href="#fn:p452120582-forces" rel="footnote"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; C&amp;#8217;est, à nouveau, &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/304273224/fin"&gt;un environnement qui se débarrasse des fenêtres&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;a href="http://www.flickr.com/photos/jeffcarlson/4312874703/in/set-72157623305966174/"&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/ipad/tidbits-handson.jpg" alt="Un journaliste tient un iPad"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Photo de &lt;a href="http://jc"&gt;Jeff Carlson&lt;/a&gt; pour &lt;a href="http://db.tidbits.com/article/10961"&gt;tidbits&lt;/a&gt;.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Pour juger l&amp;#8217;iPad et son interface, on ne dispose que de quelques images et des déclarations d&amp;#8217;Apple. Ce qui va suivre s&amp;#8217;entend donc comme de l&amp;#8217;analyse de discours. Jusqu&amp;#8217;à la fin du mois de mars, l&amp;#8217;iPad reste une un concept, une piste de réflexion sur l&amp;#8217;avenir de l&amp;#8217;informatique.&lt;sup id="fnref:p452120582-lcl"&gt;&lt;a href="#fn:p452120582-lcl" rel="footnote"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;«&amp;#160;Vous pouvez le prendre par n&amp;#8217;importe quel côté&amp;#160;»&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;L&amp;#8217;iPad, c&amp;#8217;est l&amp;#8217;&lt;em&gt;&lt;a href="http://jnd.org/books.html#41"&gt;ordinateur&lt;/a&gt; &lt;a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&amp;amp;tid=5160"&gt;invisible&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; de &lt;a href="http://jnd.org"&gt;Don Norman&lt;/a&gt;. Dans &lt;a href="http://www.apple.com/ipad/includes/video-ipad.html#video"&gt;la vidéo de promotion&lt;/a&gt; (&lt;a href="http://movies.apple.com/media/us/ipad/2010/tours/apple-ipad-video-us-20100130_r848-9scie.mov"&gt;lien direct&lt;/a&gt;), toute la bande des vice-présidents d&amp;#8217;Apple vient faire la réclame, sur le mode du «&amp;#160;magique&amp;#160;», «&amp;#160;simple&amp;#160;», «&amp;#160;naturel&amp;#160;», «&amp;#160;incroyable&amp;#160;», «&amp;#160;&lt;em&gt;fun!&lt;/em&gt;&amp;#160;».&lt;br/&gt;
Pas besoin de penser&amp;#160;: il suffit de faire (dixit Scott Forstall, à 2 minutes 15 secondes). Pas besoin, non plus, de &lt;em&gt;m&amp;#8217;&lt;/em&gt;adapter et de &lt;em&gt;m&amp;#8217;&lt;/em&gt;habituer à l&amp;#8217;appareil&amp;#160;: il est déjà fait à ma mesure (Jonathan Ive, à 1 minute 13 secondes, on appréciera l&amp;#8217;emploi systématique de la première personne). Ça n&amp;#8217;est pas un ordinateur, regardez&amp;#160;: pas de pointeur, pas de bonne ou de mauvaise façon de le saisir, pas de haut ni de bas. — On peut continuer à leur place&amp;#160;: pas de câbles, pas de prises, pas de petites lumières, pas de gros ventilateurs, pas de disques d&amp;#8217;installation, pas de virus. Et pas de fenêtres.&lt;/p&gt;

&lt;h4&gt;Politique des interfaces&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;Bien qu&amp;#8217;Apple, lors de &lt;a href="http://www.apple.com/quicktime/qtv/specialevent0110/"&gt;la présentation de l&amp;#8217;appareil par Jobs&lt;/a&gt; fin janvier, ait affiché l&amp;#8217;iPad comme un appareil intermédiaire entre l&amp;#8217;ordinateur et le téléphone, troisième écran complémentaire aux deux autres, beaucoup de commentateurs l&amp;#8217;ont perçu comme le &lt;em&gt;successeur&lt;/em&gt;, à terme, de l&amp;#8217;ordinateur tel qu&amp;#8217;on le connaît. Une grande part de la discussion en ligne a porté sur les enjeux politiques de cette question&amp;#160;: est-ce là l&amp;#8217;informatique que nous souhaitons&amp;#160;? Des appareils qu&amp;#8217;&lt;a href="http://al3x.net/2010/01/28/ipad.html"&gt;on ne peut plus bidouiller&lt;/a&gt;, approvisionnables en logiciels à partir d&amp;#8217;un unique marché semi-ouvert, &lt;a href="http://www.defectivebydesign.org/blog/apple-ipad-drm-petition"&gt;confortant le rôle des DRM&lt;/a&gt; et des industries culturelles&amp;#160;? — Ou à l&amp;#8217;inverse&amp;#160;: allons-nous encore nous satisfaire de l&amp;#8217;informatique telle que nous la connaissons, complexe, &lt;a href="http://weblog.muledesign.com/2010/02/the_failure_of_empathy.php"&gt;humiliante pour une majorité de ses utilisateurs&lt;/a&gt;, faisant écran entre les gens, leur travail et leurs activités&amp;#160;? Ne serait-il pas temps de &lt;a href="http://stevenf.tumblr.com/post/359224392/i-need-to-talk-to-you-about-computers-ive-been"&gt;repartir à zéro&lt;/a&gt;, en proposant une machine immédiatement utilisable, fiable et facile&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;h4&gt;Planquer l&amp;#8217;ordinateur&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&amp;amp;tid=5160"&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/ipad/inviscomp.jpg" alt="The Invisible Computer, un livre de Don Norman" style="float:right;margin-leftt:5px"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans &lt;em&gt;L&amp;#8217;ordinateur invisible&lt;/em&gt;, Norman appelle à remplacer l&amp;#8217;ordinateur omnipotent par un ensemble de dispositifs spécialisés, ne nécessitant aucune configuration ni administration, à la manière, mettons, d&amp;#8217;appareils ménagers. Bien qu&amp;#8217;il conserve, via la notion d&amp;#8217;application, la multi fonctionnalité de l&amp;#8217;ordinateur, l&amp;#8217;iPad est conçu pour être, à chaque fois, cet appareil spécialisé. Forstall, à 2:20, ne dit pas que l&amp;#8217;iPad &lt;em&gt;vient avec&lt;/em&gt; le meilleur client email du monde – non, l&amp;#8217;iPad &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; un client email de première classe.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cet effet – identifier la fonction avec l&amp;#8217;appareil – est rendu possible par le recours au plein écran, et par le retour des interfaces réalistes.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;La fenêtre et l&amp;#8217;écran&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Le plein écran n&amp;#8217;est pas une grande fenêtre. Conceptuellement et esthétiquement ces deux modes d&amp;#8217;affichage sont de nature différente.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conceptuellement&lt;/strong&gt;, la fenêtre est avant tout un &lt;strong&gt;dispositif de contrôle&lt;/strong&gt;&amp;#160;: elle permet à l&amp;#8217;utilisateur de manipuler spatialement les programmes et les documents qui tournent sur sa machine, en les déplaçant, réduisant et organisant à sa guise. Elle représente visuellement la disjonction entre la machine et le système d&amp;#8217;un côté, et chaque tâche particulière de l&amp;#8217;autre. En exerçant un contrôle sur les fenêtres, par le biais d&amp;#8217;opérations comme l&amp;#8217;ouverture, la fermeture, le redimensionnement ou le déplacement, l&amp;#8217;utilisateur peut minutieusement administrer son temps et son attention. Les programmes qui tournent sur sa machine sont cadrés.&lt;br/&gt;
Un programme qui tourne en plein écran, à l&amp;#8217;inverse, revendique toute l&amp;#8217;attention de son public. Les autres programmes n&amp;#8217;ont aucun accès à l&amp;#8217;écran, disparaissent sans trace, attendent leur tour. Dans certains cas, comme à l&amp;#8217;intérieur d&amp;#8217;un jeu vidéo ou lors d&amp;#8217;une présentation projetée sur un mur blanc, c&amp;#8217;est tout le système (avec sa barre des menus, sa barre des tâches, son horloge, etc.) qui disparaît. Le plein écran est immersif et univoque. Il est hors limites.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Esthétiquement&lt;/strong&gt;, c&amp;#8217;est-à-dire pour celui qui &lt;strong&gt;perçoit&lt;/strong&gt; les fenêtres à l&amp;#8217;écran, la fenêtre apparaît comme un objet ou un contenant à l&amp;#8217;intérieur d&amp;#8217;un autre contenant plus grand, l&amp;#8217;écran. L&amp;#8217;écran n&amp;#8217;est pas une grande fenêtre, c&amp;#8217;est un &lt;strong&gt;espace abstrait&lt;/strong&gt;, qui rend le fenêtrage possible. Autrement dit, les fenêtres ont des bords, des limites visibles sur lesquels l&amp;#8217;utilisateur peut généralement agir pour autant qu&amp;#8217;elles sont dans l&amp;#8217;ether de l&amp;#8217;écran. Ces limites rendent la fenêtre perceptible et préhensible&amp;#160;: elle a une réalité individuelle et quasi matérielle pour l&amp;#8217;utilisateur.&lt;br/&gt;
Inversement, le contenu d&amp;#8217;un plein écran n&amp;#8217;est pas amovible, son cadre n&amp;#8217;est pas tangible, il n&amp;#8217;existe aucune prise pour le manipuler – la souris ne va pas au-delà des contours de l&amp;#8217;écran. Ce qui apparaît à l&amp;#8217;écran n&amp;#8217;est plus spatialisé, contrairement aux fenêtres qui sont toutes situées les unes par rapport aux autres.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le fenêtrage spatialise, et confère à chaque fenêtre un intérieur et un extérieur. Le plein écran retire ce niveau supplémentaire d&amp;#8217;abstraction&amp;#160;: il n&amp;#8217;y a rien ni devant, ni derrière, ni sur les côtés. Les éléments à l&amp;#8217;écran ne sont pas déplaçables&amp;#160;; ils sont positionnés &lt;strong&gt;par rapport à l&amp;#8217;écran physique&lt;/strong&gt; lui-même. En cela, le plein écran contribue à l&amp;#8217;unité entre le matériel et le logiciel que la fenêtre tendait à dissoudre&amp;#160;: quand le calendrier de l&amp;#8217;iPad est ouvert, c&amp;#8217;est tout l&amp;#8217;appareil qui &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; un calendrier. Tout l&amp;#8217;écran est habité par la fonction, et les boutons apparaîtront toujours au même endroit. L&amp;#8217;appareil se rend entièrement disponible pour la tâche demandée. L&amp;#8217;ordinateur n&amp;#8217;est plus un conteneur abstrait, il n&amp;#8217;est plus un écran, il n&amp;#8217;est plus &lt;em&gt;fenêtre sur&lt;/em&gt; – il est l&amp;#8217;application elle-même, au double sens de programme informatique et d&amp;#8217;activité de l&amp;#8217;utilisateur.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Le retour du réalisme&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Le plein écran ne suffit pas à réaliser l&amp;#8217;ordinateur invisible. Les &lt;em&gt;&lt;a href="http://www.edwardtufte.com/bboard/q-and-a-fetch-msg?msg_id=00036T"&gt;débris administratifs&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; – tout ce qui, à l&amp;#8217;écran, n&amp;#8217;est pas du contenu – ont disparu, ou ont été réduits au strict nécessaire. Mais pour certaines applications de l&amp;#8217;iPad, Apple est allé plus loin, en remplaçant le cadrage administratif et fonctionnel par une contextualisation «&amp;#160;réaliste&amp;#160;» voire «&amp;#160;métaphorique&amp;#160;». Dans quatre des applications déjà présentées (&lt;a href="http://www.apple.com/ipad/features/calendar.html"&gt;Calendrier&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.apple.com/ipad/features/contacts.html"&gt;Carnet d&amp;#8217;adresses&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.apple.com/ipad/features/notes.html"&gt;Notes&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.apple.com/ipad/features/ibooks.html"&gt;iBooks&lt;/a&gt;), en effet, l&amp;#8217;interface évoque l&amp;#8217;apparence traditionnelle d&amp;#8217;objets matériels&amp;#160;: l&amp;#8217;agenda et le carnet d&amp;#8217;adresses à la couverture cartonnée et à la reliure subtilement visible, le calepin dans sa pochette de cuir, la bibliothèque en bois clair, et le livre ouvert.&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;a href="http://www.apple.com/ipad/features/calendar.html"&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/ipad/ipad_calendar.jpg" alt="Calendrier de l'iPad"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;L&amp;#8217;application Calendrier &lt;em&gt;(image Apple)&lt;/em&gt; imite le style, plus que le fonctionnement, d&amp;#8217;un agenda papier.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Le réalisme en matière d&amp;#8217;interfaces, ou autrement dit, la fidélité à une &amp;#8220;métaphore&amp;#8221; tirée du monde non informatique, est un point controversé. &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Alan_Kay"&gt;Alan Kay&lt;/a&gt;, un des chercheurs à l&amp;#8217;origine de la &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Desktop_metaphor"&gt;métaphore du bureau&lt;/a&gt;, est très critique de cette pratique qu&amp;#8217;il juge trop contraignante et appauvrissante&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;&lt;em&gt;Metaphor&lt;/em&gt; is a poor metaphor for what needs to be done. At PARC we coined the phrase &lt;em&gt;user illusion&lt;/em&gt; to describe what we were about when designing user interface. (&amp;#8230;) Should we transfer the paper metaphor so perfectly that the screen is as hard as paper to erase and change? Clearly not. If it is to be like magical paper, then it is the &lt;em&gt;magical&lt;/em&gt; part that is all important and that must be most strongly attended to in the user interface design.&lt;sup id="fnref:p452120582-cite-kay"&gt;&lt;a href="#fn:p452120582-cite-kay" rel="footnote"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;L&amp;#8217;argument de Kay, c&amp;#8217;est que les ordinateurs sont capables de bien plus que les outils de la vie courante&amp;#160;: pourquoi donc les limiter à l&amp;#8217;existant&amp;#160;? Pourquoi ne pas employer les capacités de l&amp;#8217;ordinateur pour inventer des représentations plus simples et plus puissantes&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;One of the most wonderful properties of a computer is that no matter how many dimensions one&amp;#8217;s information has, a computer representation can always supply at least one more.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;a href="http://www.asktog.com/readerMail/1999-06ReaderMail.html#Apple"&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/ipad/qt4.jpg" alt="QuickTime Player 4"/&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;QuickTime Player 4 (1999).&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Un trop grand réalisme irait dans le sens inverse, réduisant la multidimensionnalité de l&amp;#8217;ordinateur. Des tentatives d&amp;#8217;interfaces «&amp;#160;réalistes&amp;#160;» ont déjà eu lieu, avec parfois des résultats déplorables comme celle de QuickTime Player 4, &lt;a href="http://www.asktog.com/readerMail/1999-06ReaderMail.html#Apple"&gt;largement&lt;/a&gt; &lt;a href="http://homepage.mac.com/bradster/iarchitect/qtime.htm"&gt;décriée&lt;/a&gt;, avec sa petite roue pour régler le volume, inspirée d&amp;#8217;appareils traditionnels et notoirement inutilisable. &lt;a href="http://ignorethecode.net"&gt;Lukas Mathis&lt;/a&gt; (dont le blog est une référence sur la conception d&amp;#8217;interfaces et sur les questions d&amp;#8217;utilisabilité) fait justement remarquer qu&amp;#8217;un excès de réalisme porte atteinte à &lt;a href="http://ignorethecode.net/blog/2010/01/21/realism_in_ui_design/"&gt;la dimension symbolique des interfaces&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;«&amp;#160;On peut décrire l&amp;#8217;histoire du design graphique des interfaces utilisateurs comme une évolution graduelle vers plus de réalisme,&amp;#160;» &lt;a href="http://ignorethecode.net/blog/2010/01/21/realism_in_ui_design/"&gt;explique Mathis&lt;/a&gt;. «&amp;#160;Cette apparence plus physique a rendu l&amp;#8217;interface utilisateur de l&amp;#8217;iPhone plus naturelle. Mais dans d&amp;#8217;autres domaines, les avantages sont, au mieux, discutables.&amp;#160;»&lt;/p&gt;

&lt;div style="overflow:hidden; margin-bottom:1.5em"&gt;
&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/ipad/horaires-sncf.png" alt="Icône de l'application Horaires SNCF" style="float:left"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd style="padding-top: 15px"&gt;L&amp;#8217;icône de l&amp;#8217;application &lt;em&gt;Horaires SNCF&lt;/em&gt; (plus distribuée) de &lt;a href="http://www.jdguyot.com"&gt;Jean-Daniel Guyot&lt;/a&gt;, reprend l&amp;#8217;apparence des horloges installées dans les gares SNCF. Le reflet sur la vitre et les ombres des aiguilles contribuent à l&amp;#8217;impression de réalisme.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;En réaction à un designer, &lt;a href="http://flyosity.com/"&gt;Mike Rundle&lt;/a&gt;, qui insistait sur &lt;a href="http://flyosity.com/tutorial/crafting-subtle-realistic-user-interfaces.php"&gt;l&amp;#8217;importance qu&amp;#8217;il y a à donner une apparence de matérialité&lt;/a&gt; aux éléments d&amp;#8217;interfaces, &lt;a href="http://lkm.tumblr.com/post/343048926/no"&gt;Mathis précise dans un autre billet que&lt;/a&gt; «&amp;#160;les interfaces utilisateurs servent à véhiculer des concepts ou des idées, pas des choses spécifiques&amp;#160;; elles sont peuplées de symboles. La petite maison n&amp;#8217;est pas vraiment une maison, c&amp;#8217;est un “foyer” (&lt;em&gt;home&lt;/em&gt;). L&amp;#8217;œil n&amp;#8217;est pas vraiment un œil, il signifie “je veux jeter un coup d&amp;#8217;œil à cela”. Le petit appareil photo n&amp;#8217;est pas vraiment un appareil photo, il signifie “cliquez ici pour voir vos images”.&amp;#160;»&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En réalité, il ne semble pas que le réalisme des applications de l&amp;#8217;iPad soit une simple volonté d&amp;#8217;imiter les objets du monde physique. Ce n&amp;#8217;est pas le fonctionnement des choses matérielles qui est repris, &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/343172844/mike-rundle-crafting-subtle-realistic-user"&gt;c&amp;#8217;est leur tangibilité&lt;/a&gt;. Le réalisme du bloc-note, avec sa pochette en cuir et son papier ligné, ne limite ni n&amp;#8217;étend la fonctionnalité de l&amp;#8217;application. En revanche, il rend celle-ci moins informatique. Par un effet de synesthésie, le graphisme confère une tonalité et un style à l&amp;#8217;application. Comme l&amp;#8217;écrit un autre designer, &lt;a href="http://mrgan.tumblr.com/post/441478284/how-real"&gt;Neven Mrgan&lt;/a&gt;, «&amp;#160;les applications devraient imiter la chaleur des objets du monde réel, pas leur apperence littérale.&amp;#160;»&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;L&amp;#8217;avenir de l&amp;#8217;ordinateur visible&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Ces discussions et conjectures prendront une autre dimension quand on pourra toucher, voir et faire tourner la bête au quotidien. En attendant, ces idées interrogent en retour l&amp;#8217;ordinateur «&amp;#160;visible&amp;#160;». À force d&amp;#8217;être, comme le voudrait Kay, une fabrique d&amp;#8217;abstractions et de dimensions nouvelles, il apparaît sans chair et sans chaleur, une machine pour la tête et les yeux, quand l&amp;#8217;informatique devenue invisible valorise la main, la prise et la coexistence auprès des choses.&lt;/p&gt;

&lt;div class="footnotes"&gt;
&lt;hr&gt;&lt;ol&gt;&lt;li id="fn:p452120582-fra"&gt;
&lt;p&gt;Fin avril en France. &lt;a href="#fnref:p452120582-fra" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p452120582-forces"&gt;
&lt;p&gt;Le produit se trouve dans la continuité directe de l&amp;#8217;iPhone, ce qui témoigne d&amp;#8217;une certaine confiance d&amp;#8217;Apple envers sa technologie. Plutôt que de se lancer dans une énième transition, les développeurs et concepteurs d&amp;#8217;Apple ont fait au mieux de ce qu&amp;#8217;ils savaient déjà faire – c&amp;#8217;est-à-dire le logiciel&amp;#160;; ils ont joué leurs forces. &lt;a href="#fnref:p452120582-forces" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p452120582-lcl"&gt;
&lt;p&gt;Dès avril, l&amp;#8217;iPad s&amp;#8217;entend comme une discussion musclée avec ma banque. &lt;a href="#fnref:p452120582-lcl" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p452120582-cite-kay"&gt;
&lt;p&gt;Alan Kay,  «&amp;#160;User interface: A personal view [&lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/kay1990.pdf"&gt;PDF&lt;/a&gt;]&amp;#160;», in &lt;em&gt;The Art of Human-Computer Interface Design&lt;/em&gt; (1990), éd. Brenda Laureland &amp;amp; S. Joy Mountford, Addison-Wesley, p. 191-207. &lt;a href="#fnref:p452120582-cite-kay" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/452120582</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/452120582</guid><pubDate>Tue, 16 Mar 2010 13:14:00 +0100</pubDate><category>fr</category><category>ipad</category><category>articles</category></item><item><title>Empty Trashcan project by Hans Gremmen and Monique Gofers.</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/tumblr_kzbk42BrNg1qas8k0o1_500.gif"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.hansgremmen.nl/?mpl_action=ref&amp;id=116"&gt;Empty Trashcan&lt;/a&gt; project by Hans Gremmen and Monique Gofers.&lt;/p&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/449725822</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/449725822</guid><pubDate>Mon, 15 Mar 2010 11:36:01 +0100</pubDate><category>art</category><category>physical</category></item><item><title>"There wasn’t much time to make changes. Ballmer was emphatic not to redefine what was already done,..."</title><description>“There wasn’t much time to make changes. Ballmer was emphatic not to redefine what was already done, even though McGregor had changed Windows from its original overlapping windows design to a tiled windows model and every windowing system out there or under development featured overlapping windows.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;Tandy Trower, le chef de projet de Windows 1.0 à 2.0 &lt;a href="http://technologizer.com/2010/03/08/the-secret-origin-of-windows"&gt;raconte l’aventure&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/439404541</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/439404541</guid><pubDate>Wed, 10 Mar 2010 19:59:00 +0100</pubDate><category>en</category><category>microsoft</category></item><item><title>Ou, comme le dit Bill DeRouchey [PDF], « Buttons are...</title><description>&lt;img src="http://25.media.tumblr.com/tumblr_kxj6lszxl11qz4s3wo1_500.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;Ou, comme le dit &lt;a href="http://www.pushclicktouch.com/"&gt;Bill DeRouchey&lt;/a&gt; [&lt;a href="http://www.flume.com/button/History_of_the_Button_072006.pdf"&gt;PDF&lt;/a&gt;], « Buttons are culture. »&lt;/p&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/378418147</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/378418147</guid><pubDate>Mon, 08 Feb 2010 19:32:00 +0100</pubDate></item><item><title>La fenêtre en diapos</title><description>&lt;p&gt;J&amp;#8217;ai récemment présenté mes travaux aux membres du &lt;a href="http://www.telecom-paristech.fr/recherche/sciences-economiques-sociales/"&gt;département SES&lt;/a&gt; de &lt;a href="http://www.telecom-paristech.fr/"&gt;Telecom ParisTech&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/" title="Et tu travailles sur quoi ?"&gt;Voici le texte et les diapos de la présentation&lt;/a&gt;.&lt;/big&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On y retrouve tous les thèmes que j&amp;#8217;ai abordés ici jusqu&amp;#8217;à présent. L&amp;#8217;exposé commence par un historique de la fenêtre, puis étudie en particulier cinq aspects de la fenêtre&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/#cadrageactivite"&gt;la fenêtre comme cadre de l’activité&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/#objetlieu"&gt;la fenêtre comme objet&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/#temporel"&gt;la fenêtre comme événement&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/#machine"&gt;la fenêtre comme machine&lt;/a&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="http://meidosem.com/work/presentation-fenetre-1/#lasuccession"&gt;la fenêtre comme administration&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/358257259</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/358257259</guid><pubDate>Thu, 28 Jan 2010 20:18:23 +0100</pubDate><category>fr</category><category>histoire</category><category>présentation</category><category>articles</category></item><item><title>"I don’t have to change myself to fit the product, it fits me."</title><description>“I don’t have to change myself to fit the product, it fits me.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="http://www.apple.com/ipad/#video"&gt;Jonathan Ive&lt;/a&gt;, Senior Vice President of Industrial Design, Apple.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
L’informatique a toujours été définie par ses porteurs comme une transformation. Transformation de la connaissance, transformation de la pensée, transformation du travail, transformation de la société.&lt;br/&gt;
L’idéologie derrière l’utilisabilité, c’est de dire que l’individu sera épargnée par cette transformation. Il n’aura pas besoin d’apprendre, il n’aura pas besoin de changer.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/356525633</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/356525633</guid><pubDate>Wed, 27 Jan 2010 20:47:00 +0100</pubDate><category>apple</category><category>en</category><category>politique</category></item><item><title>"We all spend so much time in the interactive environment of our computer screens—why not make that..."</title><description>“We all spend so much time in the interactive environment of our computer screens—why not make that literal, as a “shooting location”?”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;a href="http://johnpavlus.wordpress.com/2008/01/24/the-os-as-filmmaking-environment/"&gt;John Pavlus – The OS as filmmaking environment&lt;/a&gt;.&lt;br/&gt;
Un &lt;a href="http://blip.tv/file/873529"&gt;exemple&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/354527218</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/354527218</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2010 17:20:00 +0100</pubDate></item><item><title>Robin Sloan – Telling stories with interfaces</title><description>&lt;a href="http://snarkmarket.com/2010/4956"&gt;Robin Sloan – Telling stories with interfaces&lt;/a&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/354508196</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/354508196</guid><pubDate>Tue, 26 Jan 2010 17:03:22 +0100</pubDate></item><item><title>Mike Rundle – Crafting Subtle &amp; Realistic User Interfaces,...</title><description>&lt;img src="http://24.media.tumblr.com/tumblr_kwiclnkR8d1qas8k0o1_500.png"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://flyosity.com/tutorial/crafting-subtle-realistic-user-interfaces.php"&gt;Mike Rundle – Crafting Subtle &amp; Realistic User Interfaces&lt;/a&gt;, via &lt;a href="http://twitter.com/siracusa/status/7952669437"&gt;@siracusa&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Next time you want to create something shiny, think about what type of material you’re really executing: is it plastic? Glass? Reflective aluminum? If you’re designing a matte element, think about just how grainy and textured it should be. Paper or sandpaper? Cardboard or anodized aluminum like an iMac? Is there transparency? Are you emulating something in real life or creating a material that’s more hyperrealistic?&lt;/p&gt;
  
  &lt;p&gt;Reality is subtle. When something looks “off” in an interface, it probably looks fake, like it wouldn’t exist in the real world.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Les interfaces ne sont pas que graphiques. Elles sont aussi synesthétiques. Elles doivent avoir l’air tangibles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L’argument principal de l’article, c’est que les interfaces doivent être réalistes pour être crédibles et efficaces. Ça va un peu à l’encontre de toute l’histoire des interfaces graphiques avant Mac OS X et Aqua. Le toujours excellent &lt;a href="http://ignorethecode.net/"&gt;Lukas Mathis&lt;/a&gt; &lt;a href="http://lkm.tumblr.com/post/343048926/no"&gt;s’emporte&lt;/a&gt; d’ailleurs contre cette idée :&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;If you make something more realistic, it moves from a concept or an idea to a specific thing. User interfaces typically convey concepts or ideas, not specific things; they are full of symbols. The little house isn’t really a little house, it’s “home”.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Mathis a raison : ça n’est pas le réalisme photographique qui importe. Mais les interfaces ont besoin d’une réalité qui leur est propre, d’une « choséité », de quelque chose qui inspire le toucher au moment du regard. (Ça me donne grandement envie de creuser la question.)&lt;/p&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/343172844</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/343172844</guid><pubDate>Tue, 19 Jan 2010 22:40:00 +0100</pubDate><category>en</category><category>design</category><category>icons</category></item><item><title>Mirrors, surfaces, windows</title><description>&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.gravity7.com/blog/media/2008/10/social-interaction-design-primer.html"&gt;Gravity7&lt;/a&gt;&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;Imagine that you are sitting across from a friend. There is a screen between the two of you. Now in social media, that screen has three modes. It may be a mirror, and you see yourself reflected. Or it is a surface, and you see what your friend has posted on it. Or it is a window, and you can talk through it with your friend. Design requirements are different for each mode. In the mirror mode, the interface should present an engaging and compelling reflection. In the surface mode, it should organize and structure content and navigation. And in the window mode, it should become transparent and unobtrusive.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/343159585</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/343159585</guid><pubDate>Tue, 19 Jan 2010 22:29:16 +0100</pubDate></item><item><title>"But at the same time, we made it harder for the programmers to create Macintosh applications. It..."</title><description>“But at the same time, we made it harder for the programmers to create Macintosh applications. It really takes not only a professional programmer, but also someone who has spent a year or so learning the Inside Macintosh handbook to understand how to use all the Toolkit features, the graphics, the menus, etc. &lt;strong&gt;So the Macintosh dream wasn’t really complete because the individuals couldn’t get all the power of the personal computer. They could only use canned pieces of power.&lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;
HyperCard, acting like a software erector set, really opens up Macintosh software architecture to where individual people can make their own customized information environment, and interactive information and applications without having to know any programming language.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bill Atkinson, &lt;a href="http://www.savetz.com/ku/ku/quick_genius_behind_hypercard_bill_atkinson_the_november_1987.html"&gt;interview&lt;/a&gt; publiée dans le magazine &lt;em&gt;Known Users&lt;/em&gt;, novembre 1987.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Un des plus grands développeurs de l’histoire de l’informatique déclare que le logiciel, ça n’est que de la puissance en boîte de conserve.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/321856191</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/321856191</guid><pubDate>Thu, 07 Jan 2010 19:11:58 +0100</pubDate><category>politique</category><category>mac</category><category>hypercard</category><category>en</category></item><item><title>"Qu’est-ce qu’un logiciel ? C’est un ensemble de programmes destinés à effectuer un..."</title><description>“Qu’est-ce qu’un logiciel ? C’est un ensemble de programmes destinés à effectuer un traitement sur un ordinateur, en transformant des données entrées en une information de sortie. (…) De façon plus précise, le logiciel présente une caractéristique fondamentale : la prise de connaissance de son code source est techniquement impossible à réaliser à partir de la disposition du logiciel lui-même. (…)&lt;br/&gt;
Le logiciel peut ainsi être appréhendé comme un outil qui &lt;em&gt;enferme&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;rend indisponible&lt;/em&gt; la formalisation d’un savoir. Ainsi, du projet informatique au logiciel, il y a donc une &lt;em&gt;dégénérescence&lt;/em&gt;.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Auray, &lt;em&gt;Politique de l’informatique et de l’information&lt;/em&gt;, partie II, « Le logiciel comme dégénérescence de l’information », 2000.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
C’est une position forte, pour le moins, que de dire qu’il y a plus de valeur dans le code source que dans le logiciel.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/320098049</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/320098049</guid><pubDate>Wed, 06 Jan 2010 19:24:00 +0100</pubDate><category>politique</category><category>fr</category></item><item><title>"La machine qui est douée d’une haute technicité est une machine ouverte, et l’ensemble..."</title><description>“La machine qui est douée d’une haute technicité est une machine ouverte, et l’ensemble des machines ouvertes suppose l’homme comme organisateur permanent, comme interprète vivant des machines les unes par rapport aux autres. Loin d’être le surveillant d’une troupe d’esclaves, l’homme est le l’organisateur permanent d’une société des objets techniques qui ont besoin de lui comme les musiciens ont besoin d’un chef d’orchestre.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; - &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Simondon, &lt;em&gt;Du mode d’existence des objets techniques&lt;/em&gt;, 1958, p. 11.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
C’est sans doute une des plus précises caractérisation des interfaces homme-machine, graphiques ou pas, que l’on puisse donner.&lt;/em&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/320077580</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/320077580</guid><pubDate>Wed, 06 Jan 2010 19:04:00 +0100</pubDate><category>politique</category><category>fr</category></item><item><title>Politique des interfaces</title><description>&lt;p&gt;L&amp;#8217;&lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/304273224/fin" title="Tout à la fin du billet"&gt;autre jour&lt;/a&gt;, j&amp;#8217;ai laissé entendre que ces questions d&amp;#8217;interfaces graphiques pouvaient avoir une dimension politique. Ce sont des idées qui traînent dans ma tête, qui me paraissent actuelles et sur lesquelles j&amp;#8217;oblige mes pauvres étudiants à travailler. Ce n&amp;#8217;est pas qu&amp;#8217;il y ait, à ma connaissance, des interfaces de gauche ou de droite, des fenêtres libérales ou conservatrices. Les interfaces sont politiques au sens où elles organisent une répartition du pouvoir&amp;#160;; elles le sont doublement quand cette répartition se fait de manière implicite ou dissimulée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je propose de commencer une petite série de citations, d&amp;#8217;observations et de remarques sur la question.&lt;/p&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/320065827</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/320065827</guid><pubDate>Wed, 06 Jan 2010 18:53:08 +0100</pubDate><category>fr</category><category>politique</category></item><item><title>Contre la fenêtre</title><description>&lt;p&gt;Au cours des semaines précédentes, deux nouveaux systèmes informatiques particulièrement prometteurs ont été annoncés&amp;#160;: &lt;a href="http://litl.com/"&gt;litl&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.chromium.org/chromium-os/"&gt;Google Chrome OS&lt;/a&gt;. Chrome OS est – pour l’instant – présenté comme un système d’appoint, adapté aux netbooks. Le système du litl est spécifique au &lt;em&gt;litl webbook&lt;/em&gt;, un appareil assez charmant, à mi-chemin entre télévision et ordinateur portable, conçu pour la maison. Aucun de ces deux systèmes ne conserve la fenêtre traditionnelle.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&amp;#8217;ai pu jouer avec un version préliminaire de Chrome OS qui traîne sur internet, mais je n&amp;#8217;ai pas encore vu de litl. Ce que je propose ici, c&amp;#8217;est une étude des discours qui justifient l&amp;#8217;absence de la fenêtre.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Google Chrome OS&lt;/h3&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/death/chrome-os-switcher.png" alt="Changement de fenêtre dans Chrome OS"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Le passage d’une fenêtre à une autre dans Chrome OS. Les onglets ouverts
dans chaque fenêtre sont indiqués lorsque l’on passe la souris sur la fenêtre.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Dans Chrome OS, la fenêtre, c’est l’écran. Les «&amp;#160;fenêtres&amp;#160;» (le nom a été conservé) occupent tout l’espace disponible, et ne peuvent pas être redimensionnées, déplacées ni se superposer (des &lt;a href="http://www.chromium.org/chromium-os/user-experience/panels"&gt;panneaux non modaux&lt;/a&gt; apparaissent de temps en temps dans un coin de l’écran). On passe d’une fenêtre à l’autre par un mode spécial qui rappelle &lt;a href="http://www.apple.com/fr/macosx/what-is-macosx/expose.html"&gt;les miniatures d’Exposé&lt;/a&gt; ou les &lt;a href="http://developer.palm.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=1763"&gt;cartes de webOS&lt;/a&gt;. Il s’agit plus de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_virtuel_(interface_graphique)"&gt;bureaux virtuels&lt;/a&gt; que de fenêtres à proprement parler.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Google explique dans la &lt;a href="http://www.chromium.org/chromium-os/user-experience#TOC-UX-themes"&gt;note d’intention&lt;/a&gt; de l’interface de Chrome OS l’intérêt trouvé à cette solution&amp;#160;: en réduisant au strict minimum la gestion des fenêtres par l’utilisateur, le contenu (en l’occurrence, la page ou l’application web) est mis en valeur et l’utilisateur n’a pas à se préoccuper de «&amp;#160;positionner la fenêtre au pixel près&amp;#160;».&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les onglets sont conservés. Il reste à voir en quelle mesure ils remplacent ou complémentent la fenêtres, mais c&amp;#8217;est pour un autre jour&amp;#8230;&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;litl&lt;/h3&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/death/litl-cards.jpg" alt="Écran d’accueil du litl"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;L’écran d’accueil du litl, où les différentes «&amp;#160;cartes&amp;#160;» invitent l’utilisateur à démarrer une activité.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;litl va plus loin et publie, dans la rubrique philosophie de son site&lt;sup id="fnref:p304273224-phi"&gt;&lt;a href="#fn:p304273224-phi" rel="footnote"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, une &lt;a href="http://litl.com/essays/philosophy.htm"&gt;critique virulente&lt;/a&gt; de l’informatique classique et notamment du fenêtrage. C’est moi qui souligne&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;We used a simple rule: &lt;strong&gt;Any computer task that had the word “management” next to it had to be eliminated.&lt;/strong&gt; File management. Gone. Windows management. Gone. You get the idea. All this management came from the earliest days of computing. [&amp;#8230;] &lt;strong&gt;I don’t want to interact with my hard drive; I want to interact with my friends.&lt;/strong&gt; So we focused our user interface on interactions with your content (stuff like photos, mail, web sites) not your computer hardware. [&amp;#8230;]&lt;/p&gt;
  
  &lt;p&gt;Current computer design lets you see lots of information at once. You can have many open windows and a blizzard of indicators to tell you just about anything you would ever want to know about your computer. However, a desktop isn’t an airplane cockpit. No one dies if your wifi drops from four bars to three. &lt;strong&gt;Instead, we’ve crossed the line from utility to continuous partial attention. We thought helping our customers focus would be a more useful goal.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Le propos ne manque pas de pertinence&amp;#160;: les interfaces traditionnelles obligent l’utilisateur à «&amp;#160;faire de l’ordinateur&amp;#160;» plutôt qu’à se concentrer sur ce qui l’intéresse, et là encore, elles s’obstinent à le distraire et à fragmenter son attention. La fenêtre est précisément un des ces dispositifs qui met en place cette conscience parcellaire, qui la performe. Mais il y a erreur sur la personne. C’est le pilote de ligne qui a besoin de cette conscience multitâche. Il n’est certainement pas innocent que le manifeste de litl parle de client et non d’&lt;a href="http://www.happywebbies.com/store/detail/jakob-nielsen/"&gt;utilisateur&lt;/a&gt;. Dans cette alternative, l’utilisateur est une fiction de concepteur quand le client est un être de chair.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Déléguer les tâches administratives&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;Malgré les divergences dans les implémentations, Google et litl partagent le même double diagnostic&amp;#160;: la part du «&amp;#160;chrome&amp;#160;»&lt;sup id="fnref:p304273224-chro"&gt;&lt;a href="#fn:p304273224-chro" rel="footnote"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ou des «&amp;#160;débris administratifs informatiques&amp;#160;» (&lt;a href="http://www.edwardtufte.com/bboard/q-and-a-fetch-msg?msg_id=00036T"&gt;la formule&lt;/a&gt; est d’Edward Tufte) doit diminuer&amp;#160;; les interfaces traditionnelles, mal adaptées aux tâches non professionnelles, sont trop complexes. Administrer un ordinateur (et cela inclut aussi bien lancer une mise à jour qu’agencer des fenêtres à l’écran), c’est une tâche&amp;#8230; pour l’ordinateur, qui remplacera avantageusement les humains. À ce compte, ce que l’utilisateur sacrifie en contrôle sur son appareil, il le gagne en concentration. Ce discours rappelle celui des défenseurs des &lt;a href="http://viz.meidosem.com/post/250745524/superposition"&gt;fenêtres automatiquement juxtaposées&lt;/a&gt;&amp;#160;: la liberté que l’on gagne à contrôler tout ce qui passe à l’écran se paye en productivité et en concentration.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus fondamentalement, ces deux systèmes valident d’une certaine manière les intuitions exposées par &lt;a href="http://jnd.org"&gt;Don Norman&lt;/a&gt; dans son ouvrage de 1998, &lt;a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?ttype=2&amp;amp;tid=5160"&gt;&lt;em&gt;The Invisible Computer&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Pour Norman (c’est en tout cas ce qu’il écrivait il y a dix ans), le PC est une aberration [&lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/norman1998-chap4.pdf"&gt;PDF du chapitre 4&lt;/a&gt;]. C’est une industrie qui tourne sur elle-même, qui se nourrit de sa propre médiocrité et qui fait tous les efforts du monde pour convaincre les consommateurs de sa pertinence. Le réseau formé par les constructeurs, les éditeurs de systèmes d’exploitations et les éditeurs de logiciels est néfaste&amp;#160;: c’est un cercle vicieux qui perpétue les mauvais choix du passé au nom de l’intérêt économique d’acteurs qui ne se soucient pas de l’utilisateur. Concrètement, le PC peut tout faire. Donc il fait tout mal. Cette omnipotence le rend complexe et oblige l’utilisateur à en comprendre le fonctionnement interne pour pouvoir s’en servir. Fondamentalement, personne ne veut utiliser un ordinateur. Les gens veulent écrire, jouer, communiquer, travailler sur tel ou tel projet, mais jamais «&amp;#160;faire de l’ordinateur&amp;#160;». La proposition de Norman, c’est l’&lt;em&gt;Activity Based Computing&lt;/em&gt;&amp;#160;: des appareils (&lt;em&gt;appliances&lt;/em&gt;) qui ne font qu’une chose mais qui la font bien, dont l’aspect informatique s’efface au profit l’utilité.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans ce cadre, la fenêtre apparaît comme un ancien compromis industriel, rendu nécessaire par l’industrie du logiciel qui produit des solutions tellement spécialisées qu’il faut faire tourner plusieurs programmes pour réaliser une seule tâche. Chrome OS et litl s’inscrivent nettement, bien qu’indirectement, dans la lignée critique ouverte par Norman. L’ordinateur est toujours là, il est toujours capable d’à peu près tout, mais il sait désormais se faire moins présent. Il n’est pas invisible, il est transparent. Les tâches d’administration et l’aspect proprement informatique ont quasiment disparu de ces deux systèmes, et pour l’essentiel, l’interface, c’est le contenu lui-même, les pages web, les photos, etc.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&amp;#8217;ancien compromis de l’informatique&lt;sup id="fnref:p304273224-jz"&gt;&lt;a href="#fn:p304273224-jz" rel="footnote"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; – l’utilisateur prend en charge les tâches d’administration de l’ordinateur, en échange de quoi il peut en modifier voire subvertir le fonctionnement – est remis en cause par ces nouveaux systèmes. C’est flagrant sur des appareils comme le litl ou l’iPhone, dont le principal argument de vente est de proposer une expérience qui n’est pas informatique. C’est particulièrement intéressant d’observer ce même déplacement sur un système d’exploitation pour ordinateur comme Chrome OS, qui reste quand même une machine de travail. Pour reprendre les termes de &lt;a href="#fn:jz"&gt;Zittrain&lt;/a&gt;, Google tente avec Chrome OS de produire un système à la fois fermé (on ne peut pas installer de programmes, on n’accède quasiment pas au système de fichiers, etc.) et «&amp;#160;génératif&amp;#160;», puisqu’il s’appuie sur le web, la plate-forme générative par excellence.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La fenêtre est un des signes les plus visibles de ce travail administratif que l’utilisateur est susceptible d’effectuer. Les fenêtres, c’est de la paperasse. Elles s’accumulent et s’empilent, gribouillées de clauses compliquées. Il faut les classer, les comprendre et les traiter. Personne n’aime la paperasse. Dans cette logique, moins de fenêtres, c’est moins d’efforts, moins de distractions, moins de compétences techniques à posséder.&lt;/p&gt;

&lt;h3&gt;Qui voudra encore de la fenêtre&amp;#160;?&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;On vient de voir, dans les discours de Google et de litl, un ensemble d&amp;#8217;arguments justifiant l&amp;#8217;abandon du fenêtrage traditionnel dans leurs deux systèmes. Mais ces arguments dessinent, en négatif, des raisons de continuer à l’employer. La fenêtre, suivant la logique déployée plus haut, serait réservée au travail productif, qui nécessite une plus forte multi activité et une confrontation d’informations plus fréquente, au détriment de la concentration. Et elle plairait particulièrement à ceux qui aiment exercer un contrôle avancée sur leurs appareils. Donc, d’un côté, l’homme d’affaires, et de l’autre, &lt;a href="http://twitter.com/brentsimmons/status/1662441721"&gt;l’obsessionnel compulsif&lt;/a&gt;, celui qui prend le temps d’agencer ses fenêtres pour créer l’écran de contrôle parfait. C&amp;#8217;est tout ce qu&amp;#8217;il reste&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La fenêtre est décidément coextensive à la multi activité, mais elle ne s’y réduit pas. Elle permet aussi à une tâche de rester longtemps dans le fond, inutilisée, occupant pour ainsi dire la quatrième dimension de l’interface. Le fenêtrage joue le rôle d’agora, permettant la réunion sur un même écran de citoyens bien différents. Ces aspects sont jugés indésirables par litl, qui voit dans l’anticipation une forme de déconcentration, et dans la foule un risque de désordre. En réalité, la comparaison avec un système spécialisé comme celui du litl porte à croire que la fenêtre est un des dispositifs qui rend l’ordinateur irréductible à un usage ou à une définition stricte. La fenêtre est un niveau de structuration supplémentaire&amp;#160;: grâce à elle, l’ordinateur ne sert pas à une activité en particulier, mais il fait tenir ensemble un système d’activités. Les critiques sont toutes justes&amp;#160;: ce système est bruyant, compliqué, voire franchement stressant, organisant les «&amp;#160;distractions qui nous distraient de nos distractions&amp;#160;» (c’est &lt;a href="http://www.tristan.icom43.net/quartets/norton.html"&gt;T. S. Eliot qui le dit&lt;/a&gt;). Mais elles ne sont pas toute l’affaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au-delà des questions de fonctionnalités et des débats sur l’utilisabilité de la fenêtre, se pose une question plus politique. Comme l’expliquent Jay David Bolter et Diane Gromala dans leur livre de 2003, intitulé &lt;a href="http://mitpress.mit.edu/catalog/item/default.asp?tid=9906&amp;amp;ttype=2"&gt;&lt;em&gt;Windows and Mirrors&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, cette tendance actuelle vers les interfaces transparentes, qui s’effacent derrière leur contenu, rend l’utilisateur insensible à la médiation. Un médiateur qui se cache, une expérience qui se prétend immédiate, c’est bénéfique à bien des aspects, mais cela empêche l’utilisateur de prendre conscience de sa situation, cela empêche de comprendre ce qu’il se passe&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;
  &lt;p&gt;On ne devrait pas se laisser complètement emporter par une interface. Si on se contente juste de regarder &lt;em&gt;à travers elle&lt;/em&gt;, on ne peut pas comprendre par quels moyens elle transforme notre expérience. (p. 27)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;h3&gt;En conclusion&amp;#160;: y a-t-il un âge de la retraite pour les interfaces&amp;#160;?&lt;/h3&gt;

&lt;p&gt;C’était déjà une tendance &lt;a href="http://www.useit.com/papers/anti-mac.html"&gt;dès le milieu des années 1990&lt;/a&gt; de se lamenter sur la longévité du modèle WIMP (fenêtres, icônes, menus, pointeurs), ça l’est encore plus aujourd’hui. Vingt-cinq ans, est-ce trop pour le modèle d’interactions avec les ordinateurs que nous connaissons&amp;#160;? Différentes solutions existent désormais pour d’autres écrans (terminaux mobiles, téléviseurs, «&amp;#160;tablettes&amp;#160;»), mais l’ordinateur – la station de travail – va-t-il radicalement changer, à moyen terme&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La meilleure façon de ne pas se tromper est de ne pas faire de prédictions, mais je considère justifiée la position de &lt;a href="http://www.stevenberlinjohnson.com/"&gt;Steven Johnson&lt;/a&gt; au deuxième chapitre («&amp;#160;Le bureau&amp;#160;») de son livre &lt;a href="http://books.google.com/books?id=1XZkjFEJubgC"&gt;&lt;em&gt;Interface Culture&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&amp;#160;: le modèle WIMP et la métaphore du bureau sont les grandes architectures, les «&amp;#160;machines à signifier&amp;#160;» de notre époque, analogues aux cathédrales du Moyen Âge. Nous pensons et produisons à travers elles. Pourquoi faudrait-il les détruire si vite&amp;#160;? Il est fort probable qu’elles nous accompagnent pour encore quelque temps.&lt;/p&gt;

&lt;div class="footnotes"&gt;
&lt;hr&gt;&lt;ol&gt;&lt;li id="fn:p304273224-phi"&gt;
&lt;p&gt;Toutes les entreprises devraient avoir une rubrique philosophie sur leur site. &lt;a href="#fnref:p304273224-phi" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p304273224-chro"&gt;
&lt;p&gt;On appelle chrome les éléments d’interface d’un programme qui entourent le contenu. Google reprend ironiquement ce terme pour sa gamme de logiciel dont la spécificité justement est de réduire la part de chrome. &lt;a href="#fnref:p304273224-chro" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p304273224-jz"&gt;
&lt;p&gt;On doit la meilleure description de ce compromis à Jonathan Zittrain, dans son ouvrage (disponible en ligne) &lt;a href="http://futureoftheinternet.org/"&gt;&lt;em&gt;The Future of the Internet&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Zittrain développe l’idée selon laquelle le PC était une technologie «&amp;#160;générative&amp;#160;», autrement dit, une plate-forme extensible sans limites, favorisant l’apparition d’innovations spectaculaires. Il donne pour cause de l’apparition récente de systèmes plus fermés la recrudescence du spam et des &lt;em&gt;malwares&lt;/em&gt;, qui attaquent la confiance que l’on peut porter à l’informatique traditionnelle. L’iPhone est une de ses &lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/zittrain2009.pdf"&gt;cibles favorites&lt;/a&gt;. &lt;a href="#fnref:p304273224-jz" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/304273224</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/304273224</guid><pubDate>Mon, 28 Dec 2009 12:01:00 +0100</pubDate><category>fr</category><category>chrome</category><category>litl</category><category>anti-wimp</category><category>articles</category></item><item><title>Superposez-vous vos fenêtres ?</title><description>&lt;p&gt;Au cours de mes explorations sur l’histoire des fenêtres dans les interfaces utilisateurs, une ligne de partage est apparue entre les fenêtres &lt;strong&gt;superposables&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;(overlapping)&lt;/em&gt;  et les fenêtres simplement &lt;strong&gt;juxtaposables&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;(tiling)&lt;/em&gt;.&lt;sup id="fnref:p250745524-wm"&gt;&lt;a href="#fn:p250745524-wm" rel="footnote"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/overlap/lisa.png" alt="Lisa"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Le &lt;strong&gt;Lisa&lt;/strong&gt; d’Apple, commercialisé en 1983, superpose les fenêtres comme des feuilles de papier.&lt;/dd&gt;

&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/overlap/cedar.png" alt="Cedar"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;&lt;strong&gt;Viewers&lt;/strong&gt;, un gestionnaire de fenêtres développé entre 1980 et 1981 pour le système Cedar de Xerox, juxtapose les fenêtres et les organise sur deux colonnes.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;h2&gt;Le principe&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Dans un fenêtrage superposé, les fenêtres sont comme des feuilles de papier indépendantes qui s’entassent – on est dans un espace à trois dimensions, où la profondeur est rendue par l’empilement des fenêtres. Dans un fenêtrage juxtaposé, à l’inverse, il n’y a que deux dimensions. Le fenêtrage est alors un découpage de l’écran en tranches, la répartition d’une ressource finie. Les deux modèles conduisent à des représentations très différentes de l’ordinateur et du travail que l’on peut faire dessus&amp;#160;: d’un côté, on a des &lt;strong&gt;feuilles de papier&lt;/strong&gt;, de l’autre, un &lt;strong&gt;tableau de bord&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Suivant le principe retenu, la gestion de la «&amp;#160;matière première&amp;#160;» qu’est la surface d’écran est très différente. Dans un fenêtrage superposé, l’essentiel de la gestion des fenêtres – leur emplacement à l’écran, leur taille, etc. – est sous le contrôle de l’utilisateur. Les fenêtrages juxtaposés sont beaucoup plus automatisés&amp;#160;: les fenêtres sont disposées suivant un ensemble de contraintes propres au système (par exemple en un nombre réglé de colonnes, ou suivant des répartitions préétablies).&lt;/p&gt;

&lt;dl&gt;&lt;dt&gt;&lt;img src="http://meidosem.com/viz/overlap/awesome-layouts.png" alt="Dispositions proposées par Awesome"/&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd&gt;Les dispositions préenregistrées proposées par le gestionnaire de fenêtrage pour Linux &lt;a href="http://awesome.naquadah.org/"&gt;awesome&lt;/a&gt;.&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;p&gt;Dans un système superposé, un nombre illimité de fenêtres peuvent se recouvrir – mais certaines vont alors disparaître, cachées par d’autres. C’est à l’utilisateur de mettre de l’ordre et de la hiérarchie, de se souvenir de ce qu’il a ouvert et depuis laissé en plan. Dans un système juxtaposé, les possibilités sont bien plus limitées, mais la situation présente est toujours beaucoup plus simple à appréhender&amp;#160;: rien n’est caché, rien n’est recouvert, tout ce sur quoi l’on peut agir est immédiatement visible.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On voit que ces systèmes ont des philosophies très différentes&amp;#160;: l’activité de l’utilisateur, sa façon de se concentrer et de travailler ne sont absolument pas comprises de la même manière dans l’un et dans l’autre – c’est précisément ce que je propose d’étudier ici.&lt;/p&gt;

&lt;h2&gt;Un peu d’histoire&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Quel type de fenêtrage est apparu en premier – juxtaposé ou superposé&amp;#160;? Le NLS de Douglas Engelbart est apparemment capable de gérer la superposition de zones sur l’écran&lt;sup id="fnref:p250745524-nls"&gt;&lt;a href="#fn:p250745524-nls" rel="footnote"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, mais &lt;a href="http://portal.acm.org/citation.cfm?id=274430.274436&amp;amp;coll=GUIDE&amp;amp;dl=ACM&amp;amp;idx=J373&amp;amp;part=periodical&amp;amp;WantType=periodical&amp;amp;title=interactions"&gt;de nombreuses sources&lt;/a&gt; [&lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/myers1998.pdf"&gt;PDF&lt;/a&gt;] ne le créditent que de fenêtres juxtaposées.  Kay, dans &lt;a href="http://www.mprove.de/diplom/gui/kay69.html"&gt;sa thèse de 1969&lt;/a&gt;, théorise les fenêtres superposées pour son système FLEX. Smalltalk, le système qu’il développe au Xerox PARC, les implémente, probablement pour la première fois, sous une forme proche de ce que nous connaissons. Pourtant, lorsque Xerox commercialise la station de travail Star (ou plutôt, le &lt;a href="http://toastytech.com/guis/star.html"&gt;8010 Information System&lt;/a&gt;) en 1981, les fenêtres sont automatiquement agencées de telle sorte qu’elles ne se superposent pas (la fonctionnalité sera rajoutée dans les versions ultérieures du système). Le Lisa et le Mac sortent en 1983 et 1984 avec des fenêtres superposées. Windows 1 sort en 1985 avec des &lt;a href="http://www.guidebookgallery.org/screenshots/win101"&gt;fenêtres juxtaposées&lt;/a&gt;, et n’obtiendra des &lt;a href="http://www.guidebookgallery.org/screenshots/win203"&gt;fenêtres superposées&lt;/a&gt; qu’avec sa &lt;a href="http://www.folklore.org/StoryView.py?project=Macintosh&amp;amp;story=A_Rich_Neighbor_Named_Xerox.txt"&gt;réécriture en version 2&lt;/a&gt;, sortie en 1987.&lt;/p&gt;

&lt;h2&gt;Un progrès&amp;#160;?&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Le cas de Windows a laissé penser que les fenêtres superposées étaient supérieures aux fenêtres juxtaposées, et il est vrai que la superposition rapide des fenêtres a été considéré à l’époque comme une prouesse technique.&lt;sup id="fnref:p250745524-atkinson"&gt;&lt;a href="#fn:p250745524-atkinson" rel="footnote"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Pourtant, les concepteurs d’un système comme &lt;a href="http://www.chilton-computing.org.uk/inf/literature/books/wm/p004.htm#c4p7"&gt;Cedar&lt;/a&gt; (encore une création du Xerox PARC) ont sciemment fait le choix de cet arrangement pourtant réputé inférieur, à une époque relativement récente du développement des systèmes fenêtrés. Il serait trompeur de parler de progrès.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Comme il est fréquent lors d’un tel embranchement, les raisons de choisir un modèle plutôt qu’un autre sont tout à la fois techniques, idéologiques et sociales (lire à ce sujet l’article publié en 1981 par Michel Callon, &lt;em&gt;&lt;a href="http://hocquet.eeigm.eu/callon.pdf"&gt;Pour une sociologie des controverses technologiques&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;). La superposition est un problème particulièrement difficile de calcul, de géométrie et de gestion de la mémoire, certes, mais la juxtaposition intelligente est aussi difficile d’un tout autre point de vue – quelle est la meilleure façon d’agencer visuellement l’activité de l’utilisateur&amp;#160;? Comment éviter le désordre induit par l’accumulation de fenêtres&amp;#160;? L’argument se retourne&amp;#160;: le fenêtrage juxtaposé n’est pas moins capable ou moins avancé que le fenêtrage superposé&amp;#160;; au contraire, il est plus clair et demande moins d’efforts.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il n’existe qu’une seule étude empirique comparant ces deux modèles (&lt;a href="http://portal.acm.org/citation.cfm?id=22339.22356"&gt;Bly &amp;amp; Rosenberg 1986&lt;/a&gt; [&lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/bly1986.pdf"&gt;PDF&lt;/a&gt;]). L’article ne tranche pas&amp;#160;: les utilisateurs de la juxtaposition sont plus productifs, mais une majorité d’utilisateur trouve les systèmes de superposition plus agréables à utiliser. Ces résultats confirment les intuitions des concepteurs de systèmes juxtaposés&amp;#160;: la différence n’est pas tant technique que sociale et psychologique, en ce que c’est la répartition des tâches entre ordinateur et utilisateur qui varie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En fin de compte, le choix n’est jamais qu’une simple «&amp;#160;question technique&amp;#160;». C’est toujours un compromis – la liberté ou l’ordre – et une mise en cause de valeurs et de problèmes plus profonds.&lt;/p&gt;

&lt;h2&gt;Fenêtre et activité&amp;#160;: première ébauche&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;À quelles actions particulières et quelles sortes d’activités en général invitent ces deux systèmes&amp;#160;? À première vue, la superposition favorise une multi activité désordonnée, avec un utilisateur dispersé sur de multiples tâches déconnectées. À l’inverse, il semblerait que la juxtaposition privilégie un utilisateur concentré sur une seule activité complexe, composée de plusieurs sous-tâches. Est-ce aussi simple&amp;#160;? Il y a plusieurs façons de répondre à cette question&amp;#160;: en interrogeant les concepteurs, en observant les utilisateurs, en décrivant les objets eux-mêmes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour l’instant, je dois me contenter de la troisième solution, et, dans une moindre mesure, de la première (puisque les concepteurs ont laissé un certain nombre de traces écrites). Je ne propose, ici, qu’une &lt;em&gt;lecture&lt;/em&gt; de ces interfaces, une description spontanée et intuitive, mais aussi désordonnée et incomplète.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Que peut-on faire avec des fenêtres juxtaposées&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Structurer, disposer&lt;/strong&gt;. L’utilisateur ne passe pas son temps à ouvrir et fermer des fenêtres, mais à aménager un espace clos. Il y a une véritable écologie de l’écran dans un système juxtaposé, parce que la ressource est rare et que les contraintes sont importantes. La disposition doit être pensée par rapport à un objectif particulier&amp;#160;: que dois-je faire (activité principale, placée dans la colonne principale), de quoi ai-je besoin pour le faire (outils, placés dans de plus petits cadrans), quelles sont les autres tâches dont je ne peux me passer (client email ou de messagerie instantanée, etc.).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Hiérarchiser un nombre réduit de tâches&lt;/strong&gt;. Dans un système juxtaposé, la taille des fenêtres ne dépend pas de leur contenu, mais de leur emplacement (grande ou petite colonne sur un système comme Cedar) et du nombre de tâches qui s’« empilent&amp;#160;» dans cette même colonne. L’utilisateur doit apprendre un mode de pensée hiérarchique, et constamment pondérer chaque action.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Enregistrer des arrangements et les reproduire&lt;/strong&gt;. Ces arrangements peuvent être retenus et reproduits afin de recréer un lieu de travail virtuel. L’arrangement n’est pas que la somme de ses fenêtres, il a une unité. Ça n’est pas une collection d’outils disjoints, c’est un outil en soi, à la manière d’un tableau de bord dont les cadrans font sens ensemble.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Que peut-on faire avec des fenêtres superposées&amp;#160;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Ouvrir, fermer&lt;/strong&gt;. Chaque fenêtre est indépendante. Son apparition ne modifie pas les autres, tout au plus elle les renvoie à l’arrière plan. Il n’y a pas d’écologie, mais une véritable consommation des fenêtres&amp;#160;: on peut en avoir autant que l’on veut, mais, trop nombreuses, elles perdent de leur valeur, deviennent plus difficiles à manier. Là où l’assemblage juxtaposé formait une unité, correspondait à une activité en particulier, les fenêtres superposées n’ont pas nécessairement cette valeur. La dynamique d’ouverture et de fermeture est exploratoire&amp;#160;: on suit une trace, un fil, chaque fenêtre conduit à une nouvelle. L’utilisateur peut nettoyer sur ses pas, fermer les fenêtres dont il n’a plus besoin au fur et à mesure de son parcours, ou il peut laisser des traces.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Privilégier une tâche&lt;/strong&gt;. L’activité n’est plus visible dans l’arrangement spatial, mais elle réapparait dans le déroulement temporel. L’utilisateur doit successivement faire passer au premier plan les fenêtres sur lesquelles il travaille – et une seule à la fois peut avoir ce privilège. L’assemblage juxtaposé texte en colonne 1 – courrier, notes et dictionnaire en colonne 2 se transforme en un ballet entre applications.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Passer de l’une à l’autre&lt;/strong&gt;. Ce ballet, cette dynamique rappellent la pratique du zapping. Un écran juxtaposé semble fait pour rester statique le plus possible&amp;#160;: c’est un édifice dont la stabilité est gage de qualité. À l’inverse, le fenêtrage superposé invite au basculement&amp;#160;: il est inscrit en lui qu’on ne peut pas faire deux choses en même temps, et qu’il faut sans cesse alterner.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;Deux mondes, deux conceptions du travail, de la concentration et de la pensée humaine. L’un s’est imposé, l’autre subsiste comme on va le voir. Qui a choisi&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;h2&gt;La juxtaposition aujourd’hui&lt;/h2&gt;

&lt;p&gt;Le fenêtrage juxtaposé n’a pas disparu. S’il n’y a sans doute que plus que des utilisateurs de Linux&lt;sup id="fnref:p250745524-linux-wm"&gt;&lt;a href="#fn:p250745524-linux-wm" rel="footnote"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; pour faire tourner un gestionnaire de fenêtres entièrement juxtaposé, les idées et les problématiques subsistent. En 2006, lors d’un &lt;a href="http://phillryu.com/2006/07/26/fake-leopard-screenshot-contest-winners-better-than-the-real-thing/"&gt;concours pour deviner l’interface de Mac OS X 10.5&lt;/a&gt;, alors encore secrète, un &lt;a href="http://phillryu.com/leopard.php?person=stephen"&gt;participant&lt;/a&gt; propose un système tout juxtaposé, intégrant des &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_virtuel_(interface_graphique)"&gt;bureaux virtuels&lt;/a&gt; comme la plupart des systèmes existants. Plus proche de nous, Windows Seven facilite la &lt;a href="http://arstechnica.com/business/news/2009/01/windows-7-beta.ars/4"&gt;juxtaposition côte à côte de deux fenêtres&lt;/a&gt;, une fonctionnalité qui a toujours existé d’une façon ou d’une autre au sein de Windows. Enfin, la dernière génération de systèmes d’exploitation pour téléphones portables pose le problème à nouveaux frais. Ces appareils, pour la plupart, n’intègrent plus de fenêtres.&lt;sup id="fnref:p250745524-iphone"&gt;&lt;a href="#fn:p250745524-iphone" rel="footnote"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; Les concepteurs d’interfaces sont donc conduits à penser en termes d’&lt;em&gt;écrans&lt;/em&gt; et non plus de fenêtres indépendantes, en termes de division de l’espace plutôt qu’en terme de gestion du désordre par l’utilisateur. Ça ne vous rappelle rien&amp;#160;?&lt;/p&gt;

&lt;div class="footnotes"&gt;
&lt;hr&gt;&lt;ol&gt;&lt;li id="fn:p250745524-wm"&gt;
&lt;p&gt;Au sens strict, il n’est pas ici question de fenêtres mais de systèmes de fenêtrage ou de gestionnaires de fenêtres &lt;em&gt;(Window Managers)&lt;/em&gt; – tous les systèmes n’ayant pas la même architecture, les termes peuvent changer. Le gestionnaire de fenêtres est le programme qui se charge d’afficher les fenêtres et de gérer leur fonctionnement. Sur la plupart des ordinateurs, ce gestionnaire fait partie intégrante du système d’exploitation, mais pas toujours. Il en existe plusieurs pour Linux, par exemple, et l’utilisateur peut en changer. &lt;a href="#fnref:p250745524-wm" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p250745524-nls"&gt;
&lt;p&gt;Allez-voir sur &lt;a href="http://meidosem.com/work/articles/nls73.pdf"&gt;ce document&lt;/a&gt;, à la page 8 du pdf (&lt;a href="http://www.bitsavers.org"&gt;via&lt;/a&gt;)&amp;#160;: &lt;em&gt;The NLS Display is divided into a number of rectangular display areas (DAs). [&amp;#8230;] DAs may overlap. subject to some rules about which strings will show in the regions of overlap.&lt;/em&gt; &lt;a href="#fnref:p250745524-nls" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p250745524-atkinson"&gt;
&lt;p&gt;Bill Atkinson, alors employé d’Apple, avait vu lors de sa visite chez Xerox des fenêtres superposées et avait supposé que les ingénieurs du PARC avaient trouvé une solution au problème du rafraîchissement – comment changer le contenu d’une fenêtre à l’arrière-plan sans toucher à celle du premier-plan. Pensant qu’une solution existait, Atkinson s’y attèle et propose la sienne. En réalité, les ingénieurs de Xerox eux-mêmes pensaient le problème trop difficile à résoudre, et «&amp;#160;trichaient&amp;#160;» en ne rafraîchissant pas les fenêtres d’arrière-plan (Source&amp;#160;: &lt;a href="http://designinginteractions.com/downloads/DesigningInteractions_2.pdf"&gt;Moggridge 2006&lt;/a&gt;, p. 93). &lt;a href="#fnref:p250745524-atkinson" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p250745524-linux-wm"&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tiling_window_managers"&gt;Wikipedia&lt;/a&gt; propose une longue liste de systèmes juxtaposés. J’ai joué un peu avec &lt;a href="http://iki.fi/tuomov/ion/"&gt;Ion&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://awesome.naquadah.org/"&gt;awesome&lt;/a&gt;. Il faut sans doute du temps pour s’habituer et prendre des habitudes de ninja, mais ce que j’ai vu m’a plu. Sans pour autant correspondre à mes habitudes de travail, mais bon. &lt;a href="#fnref:p250745524-linux-wm" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;li id="fn:p250745524-iphone"&gt;
&lt;p&gt;Sinon des boîtes de dialogue. &lt;a href="#fnref:p250745524-iphone" rev="footnote"&gt;↩&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;

&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/250745524</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/250745524</guid><pubDate>Thu, 10 Dec 2009 13:23:00 +0100</pubDate><category>fr</category><category>histoire</category><category>juxtaposition</category><category>superposition</category><category>controverse</category><category>articles</category></item><item><title>Les interfaces familières</title><description>&lt;p&gt;Certaines choses nous sont tellement familières que l’on ne parvient plus à les imaginer autrement. Elles ne nous surprennent plus. Nous les reconnaissons uniquement que par ce que nous savons en faire&amp;#160;; elles deviennent transparentes et utiles, subordonnées à nos tâches et à nos habitudes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si l’on se concentre sur une de ces choses, si l’on s’efforce de la voir, la question se retourne – ce n’est plus ce que nous faisons avec cette chose qui est intéressant, mais ce que cette chose nous fait quand nous nous en servons. Et si l’on se plonge dans l’histoire de cette chose – dans les aventures, les conflits, les rencontres et les séparations qui l’ont conduite à son état présent – on risque d’en découvrir autant sur ceux qui l’on conçue que sur nous qui l’utilisions sans y penser.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce sont des explorations de ce type que je veux mener ici. Je travaille sur les interfaces graphiques des ordinateurs, et c’est ainsi que j’étudie les éléments de ces interfaces – les fenêtres, les icônes, les boutons, &amp;amp;c. – comme des objets familiers qu’il faut ouvrir et relire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mon premier objet sera la fenêtre.&lt;/p&gt;</description><link>http://viz.meidosem.com/post/250701588</link><guid>http://viz.meidosem.com/post/250701588</guid><pubDate>Tue, 08 Dec 2009 08:25:00 +0100</pubDate><category>général</category><category>fr</category></item></channel></rss>
